Assurance : les sociétés françaises appelées à geler leurs dividendes

Le superviseur français de l’assurance a appelé vendredi les entreprises du secteur à suspendre le versement de dividendes au moins jusqu’au 1er octobre et à la modération dans les rémunérations variables, au lendemain d’une recommandation semblable formulée à l’échelle européenne.

« Les organismes d’assurance doivent faire de cet objectif leur priorité », souligne l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), nom de ce superviseur, dans un communiqué publié vendredi. L’objectif ? Faire que les fonds propres, c’est-à-dire les réserves de capital, des compagnies d’assurances, soient « préservés et, lorsque c’est possible, renforcés ».

Pressions européennes

« Les organismes d’assurance qui ne seraient pas en mesure de surseoir au paiement de dividendes doivent immédiatement en expliquer les raisons à l’ACPR », enjoint l’autorité française, première en Europe à effectuer cette demande aux assureurs qu’elle contrôle.

Cette recommandation tombe au lendemain d’une demande similaire de l’EIOPA, l’autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles, qui veille notamment à l’harmonisation des règles dans le secteur.

L’EIOPA, qui ne possède pas de pouvoir contraignant, avait dès le 17 mars demandé aux compagnies d’assurances européennes de suivre « des politiques prudentes en matière de dividendes et d’autres distributions, y compris des rémunérations variables ».

L’organisme, installé à Francfort, a accentué sa pression en demandant jeudi « instamment qu’à l’heure actuelle, les (ré)assureurs suspendent temporairement toutes les distributions de dividendes discrétionnaires et les rachats d’actions visant à rémunérer les actionnaires ».

Contactée par l’AFP, la Banque d’Angleterre a déclaré attendre, elle aussi, « des entreprises qu’elles accordent une attention particulière à la nécessité de protéger les assurés lorsqu’elles prennent des décisions concernant la répartition des bénéfices », et donc d’être « prudentes lorsqu’elles décident du versement de dividendes ou d’une rémunération variable ».

Impact significatif

L’assurance française « reste solide et continue de couvrir l’exigence de marge de solvabilité », garantit l’ACPR. « Même si l’impact actuel du choc sur leurs ratios de solvabilité est significatif, les assureurs ont pu l’absorber grâce aux marges de sécurité dont ils disposaient en entrant dans la crise », précise le superviseur.

Néanmoins, au vu des incertitudes sur la durée et les conséquences de la crise déclenchée par l’épidémie de Covid-19, « tout doit être mis en oeuvre pour que le secteur reste, quelles que soient les circonstances, à même de faire face à l’ensemble des engagements qu’il a pris vis-à-vis de ses assurés ».

Comme de continuer « de proposer toutes les garanties qui sont nécessaires au fonctionnement normal de l’économie et à mobiliser l’épargne des ménages pour soutenir l’investissement de l’État et des entreprises », détaille l’organisme, chargé de veiller à la stabilité financière. Cette injonction s’inscrit dans le sillage de celles formulées au cours des derniers jours par différentes autorités bancaires européennes, comme la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (ABE), qui ont formulé aux groupes bancaires les mêmes appels à la prudence

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